There's no point in shooting rainbows when you're colour-blind.

A L'EST

A L'EST

A L'EST

A L'EST

A L'EST

A L'EST

A L'OUEST

A L'OUEST

A L'OUEST

A L'OUEST

JUSTE JEANNE, A BARCELONE

JUSTE JEANNE, A BARCELONE

G&G

G&G

niños

niños

Night wheels and turning reveries

Night wheels and turning reveries

Bloody dinner

Bloody dinner

At (ba)rock bottom // deep down in an empty pool

At (ba)rock bottom // deep down in an empty pool

At (BA)Rock Bottom // Deep Down In An Empty Pool

At (BA)Rock Bottom // Deep Down In An Empty Pool

drops of May

drops of May

roses & bluejays

roses & bluejays

NYE

NYE

one day she's gonna be a rockstar

one day she's gonna be a rockstar

A woolly picnic

A woolly picnic

napoleon says take off your shoes... and come in

napoleon says take off your shoes... and come in

o fado do simio

o fado do simio

Barenaked

Barenaked

samedi 26 juillet 2008

Haut-le-coeur

o


Ecœurée,

j’étais écœurée.


Il fallait prononcer ce bel adjectif la bouche arrondie,

en cœur,

l’espace d’un instant, celui de l’e dans l’o,

comme si les lèvres présomptueuses mimaient ce rejet des circonstances.

Comme s’il était possible de cracher - avec grâce - ce poisseux decorum.



Ecœurée.

Préfixe privatif, inséparable e (deux) dans l’eau, et enfin le bouquet final en sourdine du e muet qui s’abîme,

pour dire l’organe de l’affect exsangue, infecté,

révulsé.




C’est brusque, la réalité dans la gueule. C’est rude, ce réel délavé qui râpe la cornée, enflamme le regard, sans l’illuminer.


C’est difficile de voir, de bien voir, difficile de recevoir les images sans masque, sans lunettes de soleil, sans myopie, sans angles flous, sans voiles.


Voir les pourtours aiguisés des choses et des gens nauséabonds, leurs aspérités, leurs rugosités, leur violence.

Voir cet approximatif reflet de soi qui vous suit sans relâche, vous déçoit, répugne, vous flatte,

parfois.




Il le faut, pourtant,

approximativement.


Saisir le réel par poignées, sans gants,

déchirer l’écran divers pour que la lumière perçante soit,

souverains rayons de vrai.




Et le dire.



o

dimanche 6 juillet 2008

Du rouge difficile

o



Je voulais y entrer par le ciel,

mais les conditions météorologiques actuelles ne le permettent pas.




D’une œillade désinvolte, je t’aveugle. Tu m’éborgnes.

J’ai du mal à m’accrocher aux textures et aux couleurs offertes par le présent.

Temps présent. Long, et plat. Sans accrocs ni surprises. Sans rouge difficile pour faire tomber la misère.


Je tourne les pages, je feuillette et j’effeuille, mais jamais je ne fixe. Le livre me tombe des mains.

J’ai du mal à m’accrocher aux caractères charnus imprimés noir sur blanc, cacochymes. Mots. Lents, et fades. Sans bleu versatile pour oublier ton mystère.


D’une bouche maladroite, je tutoie, et tâte l’intervalle d’ici à toi.

J’ai du mal à accrocher ma voix aux morceaux de l’espace, à percer le silence interloqué. Sons. Fats, et faibles.





Enlisée dans un interlude de langueur et de pâleur.

Je voudrais briser les bords des journées lisses, bondir, m’abîmer.

Je voudrais.




Aveuglette et avide, j’appète.

A perpète et à vide, tu répètes.



J’appète;

Tu te répètes.


Et ça ressemble à de l’ennui.



o

samedi 19 avril 2008

Saturation du vide

o


«
Mais qu'est-ce que tu veux ? »

« Je veux et j'exige d'exquises excuses. »



Envie de me conjuguer. A tous les temps, tous les modes, pour m'épaissir et rayonner. Au futur proche et au présent. Envie de me répercuter. Et plus seulement d'accumuler en une encombrante et inutile collection d'objets trouvés les minutes, les journées, les nouvelles, les dictées. Envie de ton bruit mêlé au mien, d'une symphonie mégalomane cacophonique. Tout mais pas cette angoissante sourdine qui étouffe.




*ooo*

*





Tout (en moi) est chute, vide et trop-plein, ennui et explosion.

La corde me glisse entre les doigts.

Il faut la couper, se laisser choir.

Et, de plein fouet, percuter le monde avec éclat.









o